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Pseudo: StrigaCatégorie: SociétéDescription:
ll y a deux histoires : l'histoire officielle, menteuse, puis l'histoire secrète, où sont les véritables causes des événements. [ Honnoré de Balzac ]
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Chers amis qui venez ici,

je vous propose de me dire

 ce que vous aimeriez voir sur ces pages.

Je ne prétends pas tout connaître,

mais je suis avide de savoir

et c'est donc avec plaisir

que j'apprendrais afin de vous narrer l 'histoire

 telle qu'elle fut !!!

n'hésitez pas !!!

bien à vous

Striga

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Jeudi 27 Mars 2008

 

... ce sont les inquisiteurs qui créent les hérétiques.

Umberto Eco

Gilles de Montmorency-Laval, baron de Rais, comte de Brienne, dit Gilles de Rais (ou Gilles de Retz, ou Gilles de Rays), surnommé Barbe-Bleue (né en septembre ou octobre 1404 au château de Machecoul - décédé le 26 octobre 1440 à Nantes), maréchal de France, compagnon de Jeanne d'Arc.
Apparenté à la famille de Laval et de Montmorency, il fut exécuté par pendaison pour sodomie, meurtres et sorcellerie.
Seigneur de Rais, d’Ingrandes et de Champtocé-sur-Loire, ses immenses revenus, ses alliances avec de grandes familles nobles, sa parenté avec la famille royale de France et la dynastie ducale de Bretagne, firent de lui un des seigneurs les plus en vue de son époque.
En 1400, Jeanne Chabot, dame de Rais, dite Jeanne la Sage (1331-1406), dernière héritière de la famille de Rais, désigna Guy de Laval-Blaison (fils de Guy de Laval dit Brumor de Laval et petit-fils de Foulques de Laval), futur père de Gilles de Rais, comme seul héritier, à l'unique condition qu'il abandonnât pour lui et ses descendants le nom et les armes de Laval, pour prendre les armes et le nom de Rais. Il hérite de ce fait des seigneuries de Machecoul, Saint-Étienne-de-Mer-Morte, Pornic, Princé, Vue, Bouin, qui forment la baronnie de « Rais », correspondant peu ou prou à l'actuel Pays de Retz).

Guy de Laval-Blaison, après avoir consenti en février 1404 au mariage avec Marie, la fille de Jean de Craon, devient baron de Rais, doyen des barons de Bretagne, titre dont son fils aîné Gilles héritera.

Après la mort de sa mère en 1415 et de son père la même année (ou au commencement de l'année 1416), Gilles et son frère René sont élevés par leur grand-père maternel, Jean de Craon, à la réputation sulfureuse, contrairement au vœu formulé par leur père qui, dans son testament, avait désigné pour tuteur un certain cousin, Jean de Tournemine, seigneur de La Hunaudaye.

Après deux fiançailles rompues par la mort "prématurée" à chaque fois de la fiancée, Gilles de Rais, respectant un troisième contrat de mariage signé le 30 novembre 1420, finit par se résoudre à se marier le 26 juin 1422. Il épouse à l'âge tardif de 17 ans, en l'église Saint-Maurille de Chalonnes-sur-Loire, Catherine de Thouars qu'il aurait prétendument "enlevée" dans ce but, le 24 avril 1420. Cette épouse lui donna "officiellement" une fille, Marie de Laval (1429-1457), qui sera mariée en temps opportun à l'amiral Prigent de Coëtivy puis subséquemment au maréchal André de Lohéac. Ce genre de tractations étaient courantes à l'époque.
Petit-neveu du connétable Bertrand Du Guesclin — le héros du siècle précédent dans les premières luttes de cette interminable guerre contre les Anglais — Gilles de Rais entreprend une carrière militaire, qui allait se révéler brillante. Il s'illustre d'abord sous les ordres de Jean V de Bretagne en prenant une part active dans les querelles résiduelles de la Guerre de succession de Bretagne entre les Montforts et les Penthièvres (1420).

Il combat ensuite contre les Anglais à partir de 1427 (jusqu'en 1431). Étant passé au service du roi de France Charles VII, il emporta d'assaut, en 1427, le château du Lude, dont il tua le commandant. Il reprit encore aux Anglais la forteresse de Rainefort (Rennefort) et le château de Malicorne-sur-Sarthe, dans le comté du Maine.
Lors de la guerre de Cent Ans, dont il sera un des héros, on le trouve notamment aux côtés de Jeanne d'Arc. En 1429, il fut un des principaux capitaines qui aidèrent Jeanne d'Arc à faire entrer des vivres dans Orléans, et il se distingua à la prise de Jargeau le 12 juin 1429.

Après l'éclatante victoire de Patay, Charles VII est sacré roi de France à Reims le 17 juillet 1429, et Gilles de Rais, mandaté « d'aller quérir la Sainte Ampoule » est nommé maréchal de France par ce dernier en guise de récompense pour ses valeureux services. Il était de plus conseiller et chambellan du roi.

Son échec, avec Jeanne d'Arc, lors du siège de Paris — dû à une trahison de La Trémoille qui a fait se replier l'armée française — entraîne son discrédit auprès de la Cour et l'incite à se retirer sur ses terres et en particulier dans son Château de Tiffauges en Vendée, lieu où se seraient déroulés les crimes dont il fut accusé.

Il se signala, en 1430, à la prise de Melun, et l'année suivante à la levée du siège de Lagny-sur-Marne par les Anglais. En 1436, il commandait avec le maréchal Pierre de Rieux l'avant-garde de l'armée française, sous les ordres du connétable de Richemont. Cette armée étant arrivée devant Sillé-le-Guillaume dans le Maine en présence des Anglais, les deux partis se séparèrent sans combattre.
Héritier à vingt ans d'un patrimoine considérable, il fut marié à Catherine de Thouars qui lui apporta en dot de nombreuses terres en Poitou. Il devint en 1432 l'un des plus riches seigneurs du royaume après la mort de son aïeul maternel, Jean de Craon, seigneur de la Suze, de Champtocé, d'Ingrande, etc. On évaluait sa fortune à trois cent mille livres de rente, sans compter les profits de ses droits seigneuriaux, les émoluments de ses charges et un mobilier de cent mille écus d'or. Mais il en eut bientôt dissipé la plus grande partie par ses prodigalités, son faste et ses débauches.

Il eut d'abord une garde de 200 hommes à cheval, dépense que les plus grands princes pouvaient à peine soutenir dans ce temps-là, et il traînait en outre à sa suite plus de cinquante individus, chapelains, enfants de chœur, musiciens, pages, serviteurs, etc., la plupart agents ou complices de son libertinage, et tous montés et nourris à ses dépens. Sa chapelle était tapissée de drap d'or et de soie. Les ornements, les vases sacrés étaient d'or et enrichis de pierreries. Il avait aussi un jeu d'orgues qu'il faisait toujours porter devant lui. Ses chapelains, habillés d'écarlate doublé de menu vair et de petit gris, portaient les titres de doyen, de chantre, d'archidiacre, même d'évêque, et il avait de plus député au pape pour obtenir la permission de se faire précéder par un porte-croix. Il donnait à grands frais des représentations de Mystères, les seuls spectacles connus alors. Pour se livrer à ces profusions, il aliéna une partie de ses terres à Jean de Malestroit, évêque de Nantes, aux chapitres de la cathédrale et de la collégiale de cette ville.
Mais tout cela occasionnait des frais énormes qui l'obligèrent en 1434, à vendre à Jean V le Sage, duc de Bretagne, les places de Mauléon, Saint-Étienne-de-Mer-Morte, Le Loroux-Bottereau, Pornic et Champtocé.
Six ans jour pour jour après la prise d'Orléans du 8 mai 1429, Gilles de Rais offrit à la ville d'Orléans une série de reconstitutions de la bataille jouée par des centaines d'acteurs nourris, logés et changés à chaque représentation. Ce fut lors de ce « Mystère du siège d'Orléans » dont les représentations durèrent un an, et de ses frais énormes, que les difficultés financières du prince prirent un tour dramatique, sans espoir d'y remédier. Face à cela sa famille fut incitée à lui intenter un procès (qu'elle gagna) afin d'interdire à quiconque d'acheter des terres lui appartenant. Elle obtint un arrêt du parlement de Paris qui défendait au maréchal d'aliéner ses domaines. Le roi n'ayant pas voulu approuver les ventes déjà faites, le duc de Bretagne s'opposa à la publication de ces défenses et refusa d'en donner de semblables dans ses États.
René de la Suze, frère de Gilles, et ses cousins André de Lohéac et Guy XIV de Laval, irrités de ce refus, tâchèrent de conserver ces places dans leur maison et résistèrent au duc ; mais ce dernier les reprit et enleva à son gendre Guy XIV de Laval la lieutenance générale de Bretagne pour la confier à Gilles de Rais, avec lequel il consomma tous ses marchés en 1437.
Ses ressources ne suffisant pas à Gilles de Rais, ce dernier avait depuis longtemps cherché d'autres moyens pour s'en procurer. Assez instruit pour son siècle, il eut recours à l'alchimie. De prétendus adeptes lui apprirent le secret de fixer les métaux ; mais il manqua le grand œuvre. Dégoûté de l'Art d'Hermès, il se jeta dans la magie. Un Anglais, nommé messire Jean, et un prêtre Florentin, François Prelati, furent successivement ses maîtres et l'aidèrent dans ses conjurations. On dit qu'il promettait tout au diable, excepté son âme et sa vie. Mais tandis qu'il prodiguait l'encens au démon et qu'il faisait l'aumône en son honneur, il continuait ses exercices pieux avec ses chapelains, alliant ainsi une extrême superstition aux pratiques les plus impies et à la dépravation de mœurs la plus criminelle.

En effet, il semble que ce fut à cette époque qu'il commença d'immoler des enfants, soit pour mettre plus de raffinement dans ses plaisirs abominables, soit pour employer leur sang, leur cœur ou quelques autres parties de leurs corps dans ses charmes diaboliques.

Des parents, des amis de Gilles de Rais comme Princay, ou Roger de Briqueville, ou encore Gilles de Sillé, semblent même avoir été les complices de ses horribles débauches, soit en lui procurant des victimes, soit en maltraitant ou en menaçant les parents pour étouffer leurs plaintes.

 
Le blason de Gilles de Rais Dès la Pentecôte 1440, un conflit larvé s'installe entre Gilles de Rais et l'Église, qu'il aurait défiée en reprenant par la force une de ses possessions. De ce fait, Gilles de Rais tombe sous la juridiction de l'Église, et permet à celle-ci de lancer parallèlement une procédure pour enquêter sur les rumeurs qui courent à son encontre. Le 13 septembre 1440, Jean de Malestroit, l'évêque de Nantes cite Gilles de Rais à comparaître après avoir recueilli des témoignages et des rumeurs sur les exactions de celui-ci. Contrairement à ce qui est communément affirmé, lorsqu'il est arrêté le 15 Septembre 1440, il n'est pas accusé d'avoir violé, torturé et assassiné 140 enfants, notamment dans le cadre de rites sataniques, durant les huit années précédentes, mais d'être entré armé dans une Eglise et d'avoir, pendant l'office, molesté et arrêté un homme lige du Duc de Bretagne. Ce n'est que le 8 octobre qu'il découvrira devant le tribunal de l'inquisition ses véritables chefs d'accusation, les plus graves de l'époque : « sodomie, sorcellerie et assassinat ».

Cet éclairage permet de comprendre pourquoi Gilles de Rais se laisse capturer sans opposer de résistance. S'ouvre alors l'instruction du procès civil qui va être l'instrument de sa chute. Il est emprisonné dans le château de Nantes tandis que le duc de Bretagne charge son commissaire, Jean de Toucherond, de commencer une enquête. Deux des gens de Gilles de Rais sont arrêtés, Henriet et Étienne Corillaut dit Pontou ou Poitou.

Le procès qui s'ouvre à Nantes le 8 octobre 1440 est très bien préparé et suit une stratégie machiavélique, dans la tradition de la Sainte Inquisition, visant à le désarmer. Gilles de Rais a la possibilité de récuser les juges pour partialité à l'ouverture du procès, mais l'acte d'accusation ne fait alors état que de l'acte véniel mentionné précédemment, ce qui soulage l'accusé qui reconnaît la compétence des juges.

Ce n'est qu'à la deuxième audience, le 13 octobre 1440, que l'acte d'accusation complet est dévoilé, mais il est alors trop tard pour l'accusé de récuser les juges. Gilles de Rais se rend compte qu'il a affaire à un dossier d'accusation très étoffé et que de plus, les langues se délient. Les témoignages à charge commencent à affluer, identiques les uns aux autres. Ses valets et ses complices présumés qui l'auraient assisté dans ses crimes, également arrêtés et le voyant sans ressources, se mettent à l'accabler.

Gilles de Rais comprend alors qu'il a été piégé et qu'il ne pourra résister longtemps face à ces accusations. Il s'emporte et se révolte, ce qui entraîne en réaction son excommunication par l'évêque qui préside le procès. Cette excommunication l’effraie et il se résout alors à faire des aveux en échange de la levée de cette sanction, ce qui lui est accordé. Certains auteurs y voient une preuve de sa foi en l'Eglise et dans le jugement de Dieu.

Sa confession, prononcée dans sa prison puis répétée à l'audience du 22 octobre, horrifie l'assistance tant les détails de la cruauté décrite dépassent l'entendement.

Le maréchal de Rais s'était en outre rendu coupable du crime de félonie. En effet, après avoir vendu à son suzerain la place de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, il s'en était remis en possession en menaçant le gouverneur d'égorger son frère s'il ne la lui livrait pas.

Le jugement est prononcé le 25 octobre par le tribunal présidé par le procureur et sénéchal de Bretagne, Pierre de l'Hôpital  : Gilles de Rais et ses deux valets sont condamnés à être pendus puis brûlés. À sa demande, le tribunal lui accorde trois faveurs: le jour de l'exécution, les familles des victimes pourront organiser une procession, il sera exécuté avant ses complices et son corps ne sera pas entièrement brûlé puis inhumé.

Le lendemain matin, le 26 octobre 1440 après une messe à la Cathédrale Saint-Pierre de Nantes, l'exécution est accomplie dans les prairies de l'île de La Biesse (aujourd'hui l'île est rattachée à la berge gauche de la Loire, le gibet avait été dressé à l'endroit de l'actuel Hôtel-Dieu). Tandis que ses valets, Poitou et Henriet, sont laissés sur le bûcher, le corps de Gilles de Rais en est retiré, avant d'être trop abîmé par les flammes. Conformément à la requête qu'il avait formulée et qu'on lui avait accordée avant son exécution, son corps est enseveli dans l'église du monastère des Carmes, à Nantes. Ce monastère et le monument funéraire dédié à sa mémoire furent détruits durant la Révolution française.

Ce procès est l'un des tout premiers procès des barons du royaume, qui jusque là étaient maîtres en leur baronnie, et ne relevaient de la justice de personne.

Dans les souterrains du château de La Suze-sur-Sarthe (72), lequel lui a appartenu, auraient ultérieurement été découverts quelques 49 crânes humains. Il est aujourd'hui difficile de se prononcer ni sur la réalité ni le nombre exact des victimes. L'accusation lui a reproché 140 meurtres à l'époque. Gilles de Rais disposait de ses hommes de main, qui auraient été parfois des anciennes victimes, et auraient servi de rabatteurs. Ils auraient cherché dans un premier temps les enfants livrés à eux-mêmes, sinon ils auraient engagé des enfants à travailler au château (ce qui était un privilège), puis, si les parents demandaient des nouvelles, on leur aurait rétorqué souvent que leur enfant indigne s'était enfui.

Le doute sur la culpabilité de Gilles de Rais a toujours régné, si bien qu'en novembre 1992, un tribunal composé d'anciens ministres, de parlementaires et d'experts s'est réuni au Sénat pour se livrer à une révision du procès de Gilles de Rais, laquelle révision à abouti à son acquittement. Ce jugement n'a qu'une valeur indicative, aucune juridiction constituée n'étant compétente pour réviser un procès du XVe siècle.

Le fait qu'un criminel présumé de cette ampleur ait côtoyé Jeanne d'Arc, a fait couler beaucoup d'encre chez les écrivains, qui ont fantasmé autour de ce « démon à côté d'un ange ». Les écrits de l'époque ne nous permettent en fait que de faire des spéculations invérifiables sur le relationnel de Gilles et de Jeanne. Il semblerait néanmoins que Gilles de Rais n'ait commencé ses forfaits supposés qu'après l'épopée de Jeanne. Il est probable en revanche que, fidèle à son éducation et à ses habitudes, Gilles de Rais ait eu un tempérament violent lors des campagnes militaires. Si Gilles de Rais a régulièrement manifesté pendant sa vie des comportements de personne influençable et croyante, il était proche du parti de la Trémoille, qui n'était pas admirateur de Jeanne d'Arc. Il demeure donc difficile de spéculer sur les relations entre Gilles et Jeanne.
Dans son livre « Le procès de Gilles de Rais », paru en 1965, Georges Bataille voit en Gilles de Rais la figure exemplaire d’une époque de la féodalité où la raison balbutiante n’avait pas encore muselé la fête archaïque de la violence : « Sa noblesse a le sens d’une violence ne regardant rien et devant laquelle il n’est rien qui ne cède ».

Dans son livre "Plaidoyer pour Gilles de Rais", Jean-Pierre Bayard présente Gilles de Rais comme une victime de l'Inquisition.


Samedi 23 Février 2008

 

La comtesse Elizabeth Báthory (Báthory Erzsébet en hongrois) dite la comtesse sanglante (1560 – 1614), est une aristocrate hongroise connue pour avoir fait torturer à mort par plaisir sadique 650 jeunes femmes (le chiffre varie selon les sources). Elle les aurait mordues et aurait fait verser leurs sangs dans sa baignoire comme un élixir de jouvence. Cette dernière version ne fut pas soutenue par les actes contemporains de son procès en 1611.

 

Personnalité

Fille de György Báthory d'Ecsed et d'Anna Báthory de Somlyo, Elisabeth Báthory est née en 1560, d'une famille de sang royal comptant dans ses proches parents un cousin-germain prince de Transylvanie, Sigismond Bathory, un oncle qui devint roi de Pologne, des gouverneurs de province, de hauts magistrats, des évêques et un cardinal. Cette famille remontait très loin dans le temps et comptait un certain nombre d'aventuriers hongrois descendant probablement des Huns et qui s'étaient imposés par le sang et la violence, comme il était de règle à ces époques troublées où la Hongrie allait passer d'un paganisme pur et dur à un catholicisme très inféodé à Rome.

C'est dans cette atmosphère très particulière, encombrée de sortilèges et de traditions ancestrales venus d'ailleurs, que se déroula l'enfance d'Elisabeth Báthory, et cela explique certainement beaucoup de choses concernant le comportement et le mode de pensée de cette comtesse qu'il faut bien se résoudre à qualifier de "sanglante".

Une lourde hérédité

On ne peut faire abstraction de la lourde hérédité d'Elisabeth : sa lignée ne comportait pas que des petits saints et un certain nombre de ses ancêtres avaient été des brutes sanguinaires : un de ses frères était un dépravé pour lequel tout était bon, la plus tendre fillette comme la plus ratatinée des femmes âgées ; une de ses tantes, grande dame de la cour de Hongrie, défrayait la chronique scandaleuse : on disait, "tribade" à l'époque, qu'elle était tenue pour responsable d'avoir déshonoré des douzaines de petites filles. Et puis, la propre nourrice d'Elisabeth, Ilona, qui deviendra son âme damnée, personnage trouble et inquiétant, pratiquant la magie noire et les sortilèges les plus pervers, eut une influence déterminante sur l'évolution de son esprit.

Les descriptions qu'on possède d'Elisabeth Báthory, ainsi qu'un portrait qu'on en a conservé, nous la montrent d'une grande beauté : "les démons étaient déjà en elle ; ses yeux larges et noirs les cachaient en leur morne profondeur ; son visage était pâle de leur antique poison. Sa bouche était sinueuse comme un petit serpent qui passe, son front haut, obstiné, sans défaillance. Et le menton, appuyé sur la grande fraise plate, avait cette courbe molle de l'insanité ou du vice particulier. Elle ressemblait à quelques Valois dessiné par Clouet, Henri Ill peut-être. Bref, elle dissimulait quelque chose de mélancolique, de secret et de cruel..."

Jeunesse

On ne sait pas grand-chose sur la jeunesse et l'adolescence d'Elisabeth, sinon qu'elle se réfugiait souvent dans une solitude farouche. Dès son jeune âge, elle fut confiée à sa future belle-mère qui devait en faire une châtelaine soumise et pieuse, selon la plus pure tradition hongroise. Celle-ci l'assénait de prières et de saintes lectures. Par ailleurs, depuis son plus jeune âge, elle souffrait de maux de tête parfois intolérables qui la faisaient se rouler par terre. Était-ce de l'épilepsie ? Il semble plutôt qu'Elisabeth était en proie à des crises d'hystérie qu'il était tentant (à l'époque) d'assimiler à des crises de possession démoniaque.

Une mystérieuse maternité

On prête à Elisabeth plusieurs aventures masculines avant son mariage et après son veuvage. Toute jeune, immédiatement après sa puberté, elle aurait eu une petite fille d'un paysan. Elle avait quatorze ans et elle était déjà fiancée à Férencz Nàdasdy, un comte appartenant à la meilleure noblesse hongroise, redoutable guerrier qui devint illustre et mérita, par la suite, le titre de "Héros noir de la Hongrie". Il semble alors que, se trouvant enceinte, elle demanda à Orsolya Nàdasdy, mère de son fiancé, laquelle était chargée de sa "protection", la permission d'aller dire adieu à sa propre mère, Anna Báthory, accompagnée d'une seule femme en qui elle avait toute confiance.

Craignant le scandale et la rupture du mariage de sa fille, Anna Bathory aurait amené secrètement Elizabeth dans un de ses châteaux les plus éloignés, du côté de la Transylvanie, laissant courir le bruit que sa fille, atteinte d'une maladie contagieuse, avait besoin de repos et d'isolement absolus. Elle l'aurait alors soignée, aidée d'une femme venue du château familial de Csejthe et d'une accoucheuse qui avait fait le serment de ne rien révéler. Une petite fille serait née, à laquelle on aurait donné également le prénom d' "Elizabeth" et qui aurait été confiée à la femme de Csejthe, qui avait accompagné sa fille.

Mariage

Les noces d'Elisabeth Báthory et de Ferencz Nàdasdy eurent lieu le 8 mai 1575. Elizabeth avait quinze ans, et son mari en avait vingt et un. L'empereur Maximilien de Habsbourg assista lui-même au mariage. Le roi Matthias de Hongrie et l'archiduc d'Autriche envoyèrent de somptueux cadeaux aux nouveaux époux qui s'en allèrent passer leur lune de miel dans le château de Csejthe, dans le district de Nyitra, région montagneuse du nord-ouest de la Hongrie, encore célèbre aujourd'hui par la qualité de ses vignobles, mais aussi pour ses châteaux forts en ruines, ses histoires de fantômes et ses traditions vivaces de vampires et de loups-garous.

Le séjour de Férencz Nàdasdy fut de courte durée, ses devoirs de combattant l'appelant à la guerre à travers toute la Hongrie et les pays avoisinants. Il laissa donc Elisabeth régner sur le château de Csejthe et sur les vastes domaines qui l'entouraient. Il est probable que la sensualité d'Elizabeth, fortement éveillée par son mari (qui lui fit d'ailleurs trois enfants : Osolya, Katherine et Pal, qui fut l'héritier tant attendu après des années de mariage), se sentit alors quelque peu frustrée. On lui prêta plusieurs intrigues amoureuses, mais sans lendemain, dont une avec un de ses cousins, le comte Gyorgy Thurzo, futur premier ministre de Hongrie et qui fut d'ailleurs, par la suite, son juge le plus sévère.

Le visiteur noir

Le seul tort du mari était d'être trop souvent absent. Un jour de 1586 ou 1587, alors que Férencz Nàdasdy était en plein combat contre les Serbes, on raconte qu'arriva au château de Csejthe, un grand jeune homme au teint cadavérique, nommé Cadevrius Lecorpus. Il était habillé de noir, avait de profonds yeux noirs et de longs cheveux noirs tombant jusqu'aux épaules. Son allure ne laissa pas les servantes de la comtesse perplexes sur l'identité de l'inconnu. D'ailleurs, lorsque celles-ci racontèrent au village de Csejthe que sans doute, Erzébeth avait invité un serviteur du diable, les villageois n'allèrent plus se coucher sans avoir soigneusement barricadé leurs portes et leurs fenêtres avec des planches. Cet homme avait sûrement été une sorte de sorcier, ou de prêtre plein, qui initia Elizabeth à certaines pratiques magiques. Car elle ne faisait pas mystère de ses fréquentations auprès des mages, des sorcières et autres personnages, toujours féminins, qui officiaient dans les forêts, à l'abri des regards indiscrets.

Le plus étrange fut que, depuis cette fameuse visite, la comtesse changea de comportement... en effet, durant plusieurs semaines, Elizabeth ne sortit pas de chez elle et semblait s'être retirée du monde. A son procès, des paysans témoignèrent que pourtant, durant cette période, ils la virent avec une autre femme (une noble travestie), torturer à mort une malheureuse jeune fille. D'après leurs dires, la façon dont elles la battaient était d'une violence inouïe ! Premier changement : la comtesse était devenue très violente...

Veuvage et crimes

Férencz Nàdasdy mourut en 1604.

Devenue veuve, Elisabeth semble n'avoir rien changé à son mode de vie. Les tortures qu'elle infligeait à ses servantes, elle les pratiquait depuis longtemps et son mari le savait parfaitement, considérant celles-ci comme de simples amusements de la part de sa femme.

L'un des témoignages du procès est catégorique : à la question de savoir depuis combien de temps la comtesse maltraitait les jeunes filles, un témoin répond : "elle commença quand son mari était encore en vie, mais alors ne les tuait pas. Le comte le savait et ne s'en souciait guère".

Recherche de l'élixir de beauté

On raconte une curieuse anecdote sur la naissance de la fascination d'Elizabeth pour le sang qui coule : un jour qu'elle avait frappé une servante assez violemment pour la faire saigner du nez, parce qu'elle lui avait tiré les cheveux en la peignant, un peu du sang de la jeune fille tomba sur le poignet d'Elizabeth ; un peu plus tard, la comtesse crut remarquer que la peau de l'endroit où était tombé le sang était devenue plus blanche et plus douce que la peau environnante ; intriguée, elle se baigna le visage avec le sang d'une des victimes de ses orgies : son visage lui sembla rajeuni et revivifié par le traitement.

Le souci primordial d'Elizabeth, depuis son plus jeune âge, avait été sa beauté : elle avait une peur atroce de vieillir et de s'enlaidir. Il n'en fallait pas plus pour qu'elle imagine pouvoir indéfiniment préserver sa beauté grâce à du sang frais de jeunes filles, de préférence vierges, donc revêtues de cette aura magique que confère la virginité. "Le sang, c'est la vie !" mais pour Erzébeth, la vie, c'était la beauté et la jeunesse.

Elizabeth passait son temps au château de Csejthe, faisant également de fréquents séjours à Presbourg et surtout dans la demeure qu'elle avait acquise à Vienne, non loin de la cathédrale, demeure qui semble avoir été marquée aussi par de sanglantes orgies.

Une équipe de sorcières

À Csejthe comme ailleurs, Elizabeth était toujours accompagnée de sa nourrice Jo Ilona et de sa servante Dorottya Szentes, dite Dorko, deux femmes probablement sectatrices d'une de ces mystérieuses cohortes de sorcières avorteuses qui pullulaient encore dans les campagnes de l'Europe centrale. Il semble qu'elles aient été les principales pourvoyeuses de "chair fraiche" de la comtesse, en même temps que ses "agents d'exécution" quand il s'agissait de frapper, de saigner, puis d'enterrer les malheureuses victimes.

Autour de ce duo infernal, il y avait un homme à tout faire, Ujvari Jano, dit Ficzko et une lavandière, Katalin Beniezky. Elizabeth vivait au milieu de cette troupe entièrement vouée à son service et à la satisfaction de ses instincts.

Un autre personnage vint bientôt compléter la sinistre troupe, une certaine Darvulia Anna. Il apparaît que Darvulia était une sorcière de la meilleure tradition, une magicienne noire qui connaissait des formules et des incantations sataniques et qui n'hésitait pas à procéder à des sacrifices humains pour obtenir l'aide des puissances démoniaques. Sans doute Darvulia Anna sut-elle convaincre Elizabeth Bathory, déjà quadragénaire mais toujours très belle, qu'elle connaissait les recettes infaillibles pour prolonger indéfiniment cette beauté.

Les "vaches à sang" de la comtesse

Il y avait aussi le personnel "volant", de belles jeunes filles dont elle faisait ses servantes, et parfois ses concubines, du moins tant qu'elle y trouvait une certaine nouveauté. Car ces "servantes" disparaissaient les unes après les autres, et il fallait bien que le "personnel permanent" se chargeât de renouveler un cheptel qui devait être toujours jeune et beau.

On prétend même que la comtesse veillait à ce que ces jeunes filles retenues prisonnières fussent bien nourries et engraissées, car elle croyait que plus elles étaient dodues, plus elles avaient de sang dans les veines, et que plus elles étaient bien portantes, plus la vertu de ce sang était efficace. Plus que jamais, le sang était la vie : Elizabeth croyait-elle pouvoir échapper au vieillissement et à la mort, et gagner ainsi une éternelle jeunesse ? Il semble qu'il faille prendre très au sérieux cette conviction.

Les plus belles filles de Transylvanie et de Hongrie, lorsqu'elles étaient repérées par les émissaires de la comtesse, prenaient le chemin du château de Csejthe. Tous les moyens étaient bons : menaces, intimidation, promesses d'argent, achat pur et simple dans certaines familles pauvres. Mais la plupart d'entre elles ne ressortaient jamais plus de la sinistre forteresse.

Supplices

On a probablement fort exagéré les récits concernant les supplices infligés à ces innocentes jeunes filles par la comtesse Bathory et ses âmes damnées. Mais il en est de suffisamment établis pour se faire une idée de l'atmosphère malsaine et macabre qui régnait dans les souterrains du château de Csejthe.

Les filles étaient frappées avec violence. Certaines avaient le cou percé. D'autres étaient liées avec des cordes qu'on tordait ensuite afin qu'elles puissent s'enfoncer dans les chairs, ce qui permettait de leur ouvrir les veines et de faire jaillir le sang sur la comtesse.

On prétend même qu'on remplissait parfois des baignoires de sang et qu'Elizabeth s'y baignait avec ravissement mais comme sa peau délicate ne supportait pas d'être essuyée avec des serviettes, ce sont d'autres filles qui devaient la débarrasser du sang en lui léchant tout le corps avec leurs langues. Celles qui, ne supportant pas une telle horreur, s'évanouissaient, étaient ensuite sévèrement châtiées avant de servir de victimes à leur tour.

Arrestation et procès

Rumeurs et enquête

Malgré les précautions infinies prises par Erzébeth et ses complices, certaines personnes commencèrent à murmurer. Erszebeth renouvelait sans cesse le personnel de son château, c'est-à-dire des jeunes paysannes que son serviteur Ficzko emmenait, soit de force, soit en amadouant leurs parents avec de belles robes, et la promesse d'une vie meilleure aux côtés de la Comtesse. Seulement, au bout d'un certain temps, les familles de ces jeunes filles se demandaient ce que devenaient leurs enfants, car aucune nouvelle ne leur parvenait, et ce fut le déclencheur des premiers doutes au sujet de ce que pouvait mijoter la Comtesse. Des rumeurs parvinrent jusqu'à la cour de Vienne et les autorités ecclésiastiques, sentant qu'il y avait sans doute des pratiques relevant de l'hérésie ou du paganisme, commencèrent à se livrer à de discrètes enquêtes.

Le roi Matthias II de Hongrie décida de prendre l'affaire en main. Convaincu, par certains témoignages, que l'héritière des Bathory était coupable de crimes de sang, il ordonna une enquête qu'il confia au gouverneur de la province, lui-même cousin d'Erzébeth.

Le gouverneur se rendit secrètement à Csejthe et s'informa auprès de certaines personnes de confiance, en particulier le pasteur Andras Berthoni qui avait rédigé un long mémoire dans lequel il accusait Erzébeth d'avoir fait mettre à mort neuf jeunes filles et de l'avoir contraint à les enterrer pendant la nuit. L'envoyé du roi Matthias fut très vite édifié, et, lorsqu'il eut fait son rapport, le roi ordonna l'arrestation de la comtesse Bathory et tous ses complices. Et cette tâche, il la confia à un autre cousin d'Erzébeth, son premier ministre le comte Gyorgy Thurzo, qui avait aussi été son amant.

Arrestation

Le 29 décembre 1610, à la tête d'une troupe armée et accompagné du curé de Csejthe et en présence des deux gendres d'Elizabeth, le comte Thurzo, le cousin d'Elizabeth pénétra dans le grand château au moment même où se déroulait l'une de ces orgies sanglantes.

Ils découvrirent plusieurs douzaines de jeunes filles, d'adolescentes et de jeunes femmes. Certaines étaient affaiblies, presque complètement vidées de leur sang ; d'autres, dans un état d'hébétude totale, étaient encore intactes : c'était le bétail réservé aux prochaines orgies. Par la suite, on exhuma une cinquantaine de cadavres de jeunes filles dans les cours, les dépendances du château et les sous sols.

Lorsque le comte Thurzo se présenta devant elle, elle ne songea pas un seul instant à nier l'évidence. Aux accusations que lui porta légalement son cousin, la comtesse s'enferma dans un mutisme hautain.

Procès et condamnations

Le roi Matthias était décidé à aller jusqu'au bout ; Gyorgy Thurzo et les membres des familles Báthory et Nàdasdy également, même s'ils craignaient de supporter les conséquences d'un étalage public des turpitudes de la comtesse. Il devait y avoir procès mais on prendrait soin de n'y point faire paraître la principale inculpée. On se rabattit sur l'entourage immédiat d'Elizabeth.

Matthias était résolu à condamner la comtesse à mort, quels que fussent ses liens avec l'illustre famille des Báthory. Gyorgy Thurzo s'y opposa ; il estima qu'en dépit des crimes que la comtesse avait commis, il fallait songer à sa descendance, et il affirma : "Ce n'est pas parce qu'une branche est pourrie qu'il faut abattre tout l'arbre".

Les principaux complices, Jo Ilona, Ficzko, Dorko et Katalin Beniezky furent condamnés à la décapitation et exécutés.

Quant à Elizabeth, elle fut condamnée à être murée vive dans ses appartements privés du petit château de Csejthe : sous la surveillance des juges et du comte Thurzo, des maçons murèrent donc les fenêtres et les portes de ses appartements, laissant le miroir, et qu'une petite ouverture par laquelle on passerait tous les jours de l'eau et de la nourriture. Elizabeth se laissa enfermer sans prononcer une parole.

Elle mourut le 21 août 1614. Aux dires de ceux qui la virent dans son dernier sommeil, en dépit de son âge - très avancé pour l'époque - de cinquante-quatre ans, sa beauté était inaltérée.

Le château de Csejthe est resté maudit. Il est aujourd'hui en ruines et on le dit hanté par la comtesse sanglante, qui continuerait de commettre ses crimes. Ces croyances persistantes font qu'elle est souvent considérée comme un vampire et non comme une femme cruelle obsédée par la vieillesse.

 

Samedi 02 Février 2008

petit article du jour :-)

« Voici l'époque de la fêtes des flambeaux,
où chaque lampe brille et flamboie pour saluer le Dieu qui renaît.
Je célèbre la Déesse, je célèbre le Dieu.
Sous sa chape de sommeil, toute la terre célèbre. »

« L'hiver a tout recouvert.
L'air est froid, la terre, enveloppée de gel.
Mais toi, Seigneur du Soleil,
Dieu cornu des animaux, de la nature sauvage,
tu nais à nouveau en secret de la gracieuse Déesse Mère, maîtresse de toutes fertilité.
Je te salue, Dieu très grand !
Salut à toi, sois le bienvenu ! »

 

 

La fête irlandaise d’Imbolc (le 1er février - soit le mois d'anagantios selon le calendrier de Coligny), dans la mythologie celtique est celle sur laquelle les sources médiévales sont les plus faibles. Le sens du nom est « lustration », il s’agit donc d’une purification qui prend place à la fin de l’hiver, à l’équinoxe. Elle pourrait avoir pour fondement un culte lié à la fécondité.

En Irlande la célébration de sainte Brigitte à cette date, conduit à penser qu’Imbolc se déroulait sous le patronage de la déesse préchrétienne Brigit.

Dimanche 27 Janvier 2008


 Chant prophétique de la VÖLUSPA tranmis par les Volvas.
La présente prophétie de la Völuspa est "réinterprétée" suivant une adaptation libre et romancée pour une meilleure compréhension.
Toutefois la majeure partie du texte est identique toutefois aux deux écrits attestés de la prophétie :
Soit : - Le Codex Regius, le plus ancien composé de 62 strophes rédigé au milieu du XIII éme siècle et conservé à la Bibliothèque Royale d'Islande.
- Le Hauksbo'k et le Thorsfinndràpa datant de l'an Mille.
- Des extraits de l'EDDA de Snorri Sturluson bien sûr. (27 strophes reprises).Si cette traduction est imagée, ceci a été fait dans un souci d'expurger l'influence du christianisme ayant déformé le sens de certaines strophes à travers les âges. Les * renverront aux textes d'origines pour rester toutefois fidéle à la Völuspa.
Enfin, il est à noter que les Volvas étaient de puissantes utilisatrices du Seidr, la magie runique essentiellement transmise entre femmes. Ces dernières étaient également des chamans capable de lire le Wyrd (le destin) lors de transe certainement spectaculaire.
 

1

Les hommes m'appellent Volva quand je visite leurs maisons,
Une voyante, sage en talismans.
Jeteuse de sorts, adroite en magie.
Les femmes malines me souhaitent toujours bienvenue.

2

Des anneaux, des bracelets et des colliers, je fais don
Pour apprendre le savoir, pour apprendre le Seidr* :
De plus en plus vaste dés lors est ma vision par-delà les Mondes.

3

Dehors, je m'étais assise quand vint les Hommes*,
La Terreur des Dieux, et ils fixèrent mon regard.
Que demandent-ils ? Pourquoi me tentent-ils ?
Je sais où est dissimulé leurs mémoires
Bien cachées dans le puits de Mimir*
Mimir qui chaque matin ondule des pleurs des Nornes*.
Et bien que veut-tu savoir de plus ?*

4

Je connais le secret des gués*
Caché sous l'arbre sacré,
Au bas, se déverse un cours d'eau précieux,*
Et bien que veux-tu savoir de plus ?

5

Silence, je demande au peuple sacré,
Silence aux parents et amis des Ases*
A ta demande je vais relater
Les vieilles chansons des hommes que je me rappelle le mieux.

6

Je parle des Eléments* à l'aube des temps oubliés.
Ceux-là qui me donnèrent la vie il y a bien longtemps :
Neuf Mondes je pouvais compter alors, neuf racines menant à l'arbre,
Le frêne merveilleux, loin sous la terre.

7

Quand la Terre* seule vivait il y a longtemps
Il n'y avait ni sable, ni mer, ni vagues houleuses.
Nul part n'était la lumière, ni le ciel au-dessus.
Seulement un grand fossé et pas d'herbes.

8

Alors Ses fils* bâtirent les royaumes,
Moulant magnifiquement Midgard, la Terre du Milieu :
Le Soleil fixant vers Sudri les pierres de leur demeure,
Du sol poussa alors l'herbe douce.

9

Le Soleil (Sol) tourné vers Sudri, aux côtés de la Lune (Mani),
Posa son bras droit sur le bord du ciel :
Le Soleil ne savait pas quel était son siège,
Les étoiles ne savaient pas quelles places elles avaient,
La Lune ne savait pas qu'elle était sa force.

10

Alors, ensemble, tous les Dieux se réunirent au Thing,
Eux les maitres, dans leur salle de jugement :
Ils nommèrent la Nuit et la Nouvelle Lune,
Ils nommérent l'Aube et le Crépuscule,
Le Matin et le Jour,
Le Solstice d'Hiver, le Solstice d'Eté et les saisons pour faire les années.

11

A Earendel*, se rencontrèrent les Eléments tous puissants nous modelant ;
Des autels et des temples furent élevés pour les louer.
Les Svarts* creusèrent des forges pour travailler l'or en leur nom,
Des marteaux et des enclumes, ils donnèrent forme, et les outils, ils créerent ;

12

Les Hommes jouèrent alors aux Echecs dans la cour et ils étaient heureux,
Ils ne manquaient pas d'or brillant,
Jusqu'à ce qu'arrivent les Trois Vents*,
Terribles dans leur force, venant de chez les Vanes*.

13

Alors, ensemble, les Ases se réunirent au Thing*,
Eux les maitres, dans leur salle de jugement :
La lumière devait être préservée,
Avant de s'estomper sous le souflle du changement. **

13Bis
Alors, ensemble les Ases se réunirent en conseil,
Eux les maitres, dans leur salle de jugement :
Qui les Nains allaient créer,
Du sang de Brimir et des os de Blain ?

14

Motsognir se leva, leur chef tout-puissant,
Le plus grand des Nains, et Durin après lui :
Ils moulèrent plusieurs formes humanoïdes
De la Terre, comme Durin leur avait demandé.

15

Nyi et Nidi, Nordri et Surdri,
Austri et Vestr, Althjof, Dvalin,
Nar et Nain, Nipîng, Dain,
Bifur, Bafur, Bombur, Nori,
An et Anar, Ai, Mjodvitnir.

16

Veig et Gandalf, Vindalf, Thrain,
Thekk et Thorin, Thror, Vit et Lit,
Nar et Regin, Nyrad et Radsvith ;
Maintenant sont nommés les lignées des Nains

17

Fili, Kili, Fundi,, Nali,
Frar, Hornbori, Fraeg et Loni,
Aurvang, Jari, Eikinskjaldi.

18

Les Nains dont je parle maintenant sont les compagnons de Dvalin,
Ils étaient comme des lions au temps de Lofar.
Eux qui naquirent des pierres partirent
Vers les Royaumes boueux et les plaines de sable.

19

Il y avait Drapunir et Dolgthrasir,
Har et Haugspori, Hlevang, Gloï,
Skirvir, Virvir, Skavidr, Ai,
Alf et Yngvi, Eikinskjaldi.

20

Fjalar et Frosti, Finn et Ginnar.
Les Hommes se souviendraient alors tant qu'ils vivraient
De la longue lignée de leurs descendants.

 

 


21

Alors vinrent trois Ases glorieux et puissants,
Les Trois Rois-Ases de la demeure d'Earendel :
De la poussière céleste ils créerent les Alfes*,
Dotés de peu de force et alors sans destin.

22

Ils ne possédaient pas de sens, pas de sang, n'avaient pas d'âme,
N'avaient pas de language, ni la couleur de la vie ;
L'âme, leur donna l'un*, le sens, leur donna l'autre*,
Le sang et les couleurs de la vie, leur donna le dernier*.

23

Je connais un frêne, nommé Yggdrasil,
Le grand arbre aspergé de rosée blanche ;
De là, viennent des flots qui tombent,
Provenant de la source d'Urd, sur des plaines toujours vertes.

24

Se tiennent près de cette source froide,
Dans un lit de verdure où elles sont nées,
Les sages vierges du Wyrd, Urd la première,
Skuld la seconde, qui écrit les Runes,
Et Vervandi, la troisième des Nornes :
Les lois qui déterminent la vie des Hommes,
Elles fixent pour toujours, et scèlent leur destin.

25

La première Guerre dans ce monde, je me rappelle pourtant également !
Transperçant, et ainsi fourvoyant leurs voeux, celle qui ne peut être nommée* avec leurs lances,
Ils la brulèrent dans la halle de Har*.
Trois fois ils la brulèrent, chaque fois la chose revint à la vie,
Bientôt alors ils la laissèrent; et à cette heure, elle vit toujours.

26

Alors, ensemble, les derniers Ases se réunirent au Thing,
Eux les maitres, dans leur salle de jugement :
Est-ce que les Ases devaient payer un si lourd tribut pour cette trêve,
Où est-ce que tous les Eveillés* devaient se retrouver dans cette Guerre ?

27

Mais déjà il était trop tard,
Dans la première grande bataille de ce monde ;
La Lance* fut jetée au-dessus des armées brisant le Rempart,
Déchirant alors le coeur du Royaume d'Asgard,
Les fiers Vanes y apportant la Guerre.

 

 


28

Alors, ensemble, les Ases se réunirent au Thing,
Eux les maitres, dans leur salle de jugement :
Qui avait sali l'air de trahison,
et avait offert l'illusion de l'immortalité aux Hommes* ?

29

Là, vint la grande colère, obscursissant la sagesse,
Sous la forme d'un terrible marteau*.
Les serments en furent rompus, les voeux, obligés,
Des accords solennel furent passés entre les ennemis.

30

Je vis alors les peurs* venir dans le lointain,
Dans une chevauchée sauvage vers le monde des Hommes :
Skuld a son bouclier, Skogul de même,
Gunn, Hild, Gondul et Geirskogull :
Dûment, j'ai nommé les vierges démones d'Herjan,
Prêtes à chevaucher au-dessus des rouges champs de batailles.

31

J'ai vu Baldr, le dieu béni,
Le plus cher des fils d'Ygg, dont le destin funeste est caché :
Haut sur la plaine, une plante se dressait,
Très fine et très belle,
Une branche de gui.

32

La jeune plante mince est devenue
Une arme fatale quand Hödr la lança ;
Mais le frère de Baldr nacquit en une nuit,
Prêt à venger bientôt le meurtre du fils d'Odin.

33

Il ne lava plus ses mains, ni ne peigna plus ses cheveux
Tant que l'assassin de Baldr ne fut envoyé au Royaume de Hel ;
Mais Frigg pleura à Fensalir
Cette action fatale.
Et bien, que veux-tu savoir de plus ?

34

Mue par un Grand Vanir* au sein d'une chaude antre
Qui ressemble à un lieu maudit et sanctifié,
La menace y gronde remplissant de tristesse sa maitresse* pansant la rage
De sa moitié spectrale ainsi enchaîné.
Et bien, que veut-tu savoir de plus ?

 

 


35

Là-bas, à l'Austri, coule dans ses vallées empoisonnées,
La rivière Slith, emplie d'épées et de couteaux.

36

Y traversent ses courants rapides et de la hauteur d'une ceinture,
Les Hommes rejetés, malades ou meurtriers,
Aussi ceux qui trahissent un ami en séduisant leur femme ;
Ici, la Vouivre* ronge des corps nus,
Ici, le Loup déchire les Hommes.
Et bien, que veux-tu savoir de plus ?

37

Là, au Nordri, dans les plaines de Rathanör*,
Il y a la demeure dorée des anciens Bray'gees* ;
Celle où fut dressé le banquet de Bragi, près d'Okolnir,
non loin de Brimir, là où est brassé le breuvage des Scaldes.

38

Je vois un palais, très loin au Soleil,
Sur le rivage de Na Strand ; tournées vers le Nordri sont ses portes ;
Du poison coule à travers l'entrée,
Ses murs sont recouverts de serpents enroulés.

39

A l'Austri est assise la vieille femme, dans la Forêt de Fer,
Ici est élevé le tourbillon des mauvais vents fécondants les monstres* ;
Un jour, l'un d'entre eux, le pire de tous,
Dévorera le Soleil, et il aura l'apparence d'un Loup.

40

Il se nourrira de la chair des Hommes tombés,
Dont le sang souillera les sièges des Ases ;
La lumière du Soleil foncira dans les étés prochains.
Le vent apportera le malheur ;
Et bien, que veux-tu savoir de plus ?

41

Jouant de sa harpe sur cette colline est assis,
Le joyeux eggther, celui qui garde l'ogresse ;
Au-dessus de lui, heureux dans son arbre,
Chante le coq rouge que l'on appelle Fjalar.

42

Chez les Dieux chante Gullinkambi ;
Il réveille les héros qui demeurent avec Herjan ;
Un autre chante sous la terre
Dans le palais de Hel, de couleur rouge sombre.

 

43

Mais voici que j'entends la bête* aboyer de rage,
Là-bas, dans les profondeurs infernales,
La chaîne se rompera et le libérera,
Je vois maintes choses alors, aussi loin que possible :
Je vois l'amère destinée du crépuscule des Dieux qui les engloutira.

44

Les frères batailleront entre-eux jusqu'à une fin sanglante,
Et les fils de leurs soeurs souilleront leur honneur ;
Le malheur sera sur Terre, avec plus de gratuité,
L'âge des haches, l'âge des épées - brisés seront les boucliers -
L'âge du vent, l'âge du Loup, avant que le monde ne s'écroule ;
La lance d'aucun Homme n'épargnera l'autre.

45

Les corbeaux* croassent, le présage de la chute s'annonçant
Une fois retentit la luisante et vieille corne du trépas*,
D'un souffle fort l'Ase Blanc* en jouera avec sa pointe vers le haut ;
Dans le sombre château*, l'horreur se répandra,
Une fois encore...*

46

Le grand arbre Yggdrasil tremblera,
Le vieux tronc gémira,
Ses feuilles bruissant fort : alors les Thurses* seront délivrés.

47

Qu'en est-il des Dieux ?
Qu'en est-il des Elfes ?
Dans le tumulte des Thurses, les Ases se rencontrent.
Aux portes de leur citadelle, les Sages Rois* gémissent
Dans leur forteresse qui tombe.
Et bien que veux-tu savoir de plus ?


48

La menace* arrivera de l'Austri, son bouclier levé,
Le ver de Midgard* se tordera de rage,
Le Grand Serpent fouettera alors les vagues saisie par cette fureur;
L'aigle miaule et déchire les cadavres,
Le bateau du Royaume de la Mort s'est détaché.

49

Le navire vient lui-aussi de l'Austri,
Amenant les Géants du feu.
A sa proue c'est la barreur des ongles morts* qui ouvre les eaux ;
Les monstres, les alliés du Loup, des hordes sans esprits,
Tous avancent avec le frére des Géants.

 

50

Le Chef des Géants arrive du Sudri avec le feu dévorant,
L'épée de Hel* étincelle comme un Soleil ;
Les hautes collines vacillent, les rochers* s'ébranlent,
Les Hommes marcheront fiers vers le paradis de leurs espoirs*.

51

Alors un nouveau malheur fondera sur les Dieux,
Quand leur Pére-à-tous* s'avancera pour combattre le Loup,
Glorieux sera la lutte avec le Géant,
Pourtant périra le pére des Ases.

52

S'avancera alors à grands pas le fils du Dieu défait*,
Combattant sans peur, il s'attaquera au Loup* ;
Au coeur il touchera le fils du Mal*,
Le tuant et accomplissant sa vengeance.

53

Vint alors le puissant détenteur de Mjöllnir ;
Baille l'hideux Serpent qui ceinture la Terre :
Lorsque l'Ase le plus fort de tous* s'avance à grands pas pour contenir le ver.

54

Puissament frappera le gardien de Midgard
Puissent tous les scélérats du monde errer loin de chez eux ;
Alors le tueur de Géants tombera neuf pieds en arrière,
Mort mais sans crainte pour sa gloire...

55

Sous la mer, la terre coule, le soleil s'obscurcit,
Des cieux tombent les belles et brillantes étoiles ;
Jaillissent la vapeur et le feu qui se déverse,
Jusqu'au plus haut des cieux, montent les immenses flammes.

56

Je vois du vert maintenant et des choses qui poussent
La terre se soulève de nouveau sous la mer ;
Des torrents de pluie tombent, au-dessus vole l'aigle,
Sur des montagnes enneigées, il cherche des poissons.

57

De nouveau, les Ases se rencontreront peut-être, sur la plaine d'Ida,
Parlant du puissant Foehn* passé, espérons-le.
Parlant sur la grande fin du monde et des événements passés,
Sur les Runes anciennes et les glyphes de l'Humanité*.

 

 

58

Là, dans l'herbe, les Echiquiers d'or*,
Des très glorieux, seront retrouvés,
Ceux qu'ils possédaient dans les temps anciens.

59

Sur des terres où rien n'a été semé, le blé poussera,
Tout ce qui allait mal ira bien ;
Les temple des Eléments et des Ases réincarnés* sera dressé sur les ruines d'Ysetur*,
Et bien, que veux-tu savoir de plus ?

60

Alors Hoenir prendra les baguettes sanglantes de la prophétie,
Et les deux fréres, fils de Ygg, habiteront pour toujours
Dans la grande maison des vents :
Et bien, que veux-tu savoir de plus ?

61

Je vois un Palais plus éclatant que le Soleil,
Au toit d'or rouge, que l'on appelle Gimlé,
Là, trôneront les Eveillés*;
Et vivront pour toujours dans le calme et la félicité.

62

Alors Elle viendra par la Porte Arc-en-Ciel,
La Grande Dame* guidant les Hommes égarés.

63*

Apportant la Lumière aux âmes,
Mais les ombres sur leurs corps...*

63 bis

Volant, arrivera le Dragon Noir,
Nidhogg montera, depuis les profondeurs de Nitha ;
Comme il survole les plaines, il porte sur ses ailes,
Des corps d'hommes nus : maintenant il va sombrer.
 
Explication de l'Interprétation de la prophétie Völuspa

* [2-2] : "Seidr" : Remplace le terme "magie" - En fait la magie runique féminine usitée par les Volvas.

* [3-1] : "Hommes" : Rempace la "Vie" - Ici les Hommes dans leur caractére symbolique du vivant. Ils sont la "terreur des Dieux" car les hommes sont seuls dépositaires de leurs mémoires.
* [3-5] : "Mimir" : Remplace la "mémoire" comme personnification ancestrale.
* [3-6] : "pleurs des Nornes" : Remplace ici "l'hydromel d'Odin" - Odin ayant volé le breuvage de la poésie et Kvasir ayant été crée par la salive des Dieux, il est intéressant de faire brasser ce breuvage par les filles du destin.
* [3-7] : "Et bien que veux-tu savoir de plus ?" : Formule que l'on retrouve dans les Eddas de façon récurrente.

* [4-1] : "les Gués" : Terme remplaçant le "pont Bifrost" comme passage vers les sphéres célestes et les voies secrétes de la connaissance runique.
* [4-3] : "un cours d'eau précieux" : Certainement la source des Nornes où se trouve le puits de la connaissance. N'oublions pas que nous venons de l'eau...

* [5-2] : "les Ases" : Les nouveaux Dieux et par extention les hommes Eveillés.

* [6-1] : "les Eléments" : Remplace ici le terme "Géant primal" dans son sens originel.

* [7-1] : "la Terre" : Remplace le terme "Ymir", le Géant originel dont le corps forme les Mondes.

* [8-1] : "Ses Fils" : Remplace "les fils de Bur" qui par extention sont les fils de la Terre-Ymir.

* [11-1] : "Earendel" : Remplace le monde d'Asgard dans le sens que les Ases et les Alfes ont une essence provenant des étoiles.
* [11-3] : "les Svarts" : En fait les Nains renvoyant peut-être aux cavernes protectrices des premiers Hommes.

* [12-3] : "Les Trois-Vents" : Remplace les "trois vierges-Géantes"... d'où le renvoie aux Eléments et par extention aux vents qui changent la vie suivant leurs volonté.
* [12-4] : "les Vanes" : Se substitue aux "Eléments" dans leur sens symbolique des anciens Dieux rentrant en conflit avec les Ases, les nouveaux Dieux. (Et par extention au monde de la Nature à celui transformé par les Hommes).

* [13-1] : "Thing" : Remplace le "conseil", en fait l'assemblée des hommes-libres.
* [13-4] : "La lumière... changement" : le texte originel parle des Nains préservant le souffle de la vie qui ici a été changé par la Lumière menacée par le souffle des Eléments et des Vents changeants.

* [21-3] : "les Alfes" : Remplace les "hommes" - En fait les Alfes sont ici des "Eveillés" qui d'hommes passent à l'état Alfique pour devenir des êtres de lumières et pour certains alors des Elfes.

* [22-3-3-4] : "l'un, l'autre, le dernier" : Remplace les trois dieux créateurs de l'Homme, soit, Odin, Hoenir et Lodur.

* [25-2] : "celle qui ne peut-être nommée" : Remplace la "géante Gullveig".
* [25-3] : "Har" : Odin.

* [26-4] : "Eveillés" : Remplace les "Ases" - Cf Alfes et Ases.

* [27-3] : "la Lance" : La lance d'Odin qui était lancée par-dessus une bataille pour s'attirer ses faveurs.

* [28-4] : "l'immortalité aux Hommes" : En fait remplace l'idée du changement... la sagesse ici s'obscurcit car la voie de l'illusion a été offert aux Hommes pensant devenir immortels par le feu et le fer.

* [29-2] : "marteau" : Remplace symboliquement le dieu "Thor".

* [30-1] : "les Peurs" : Remplace ce qui fait craindre la tempête, en fait ici les "Valkyries".

* [34-1] : "Grand Vanir" : Remplace ici le dieu malfaisant "Loki".
* [34-3] : "maitress" : Ici la femme de Loki le soignant durant sa captivité, en fait Sygin.

* [36-4] : "la Vouivre" : Remplace le Serpent-Dragon "Niddhog".

* [37-1] : "Rathanör" : Simple terme sans signification particulière remplaçant la région de "Nitha".
* [37-2] : "Bray'gees" : Comme Rathanör, interprétation personnelle découlant toutefois du dieux Bragi et remplaçant ici les Nains-Scaldes.

* [39-2] : "les Monstres" : Remplace la descendance de Fenrir, en fait les loups Skoll et Hati.

* [43-1] : "la Bête" : Remplace le chien "Garm".

* [45-1] : "les Corbeaux" : Remplace ici la "mémoire" symbolisée par les corbeaux d'Odin, Huggin et Munnin.
* [46-2] : "corne du trépas" : la corne d'Heimdall, "Gjallhorn".
* [46-3] : "l'Ase Blanc" : Remplace ici "Heimdall" - En fait un de ses autres noms.
* [46-4] : "sombre château" : Remplace ici la "demeure de Hel".
* [46-5] : "une fois encore..." : Cette strophe reste ici une énigme...

* [46-3] : "Thurses" : Remplace ici les "Géants du Givre", qui est d'ailleurs leur nom réel en nordique.

* [47-4] : "les Sages Rois" : Remplace ici les Seigneurs de chaque race d'êtres vivants.

* [48-1] : "la menace" : Remplace le nom du Géant "Hrym".
* [48-2] : "le ver de Midgard" : En fait le serpent Jormungandr qui entoure le monde des Hommes.

* [49-3] : "des ongles morts" : Remplace ici "Naglafar", en fait le bateau des morts du Royaume de Hel.

* [50-2] : "l"épée de Hel" : Cette épée reste une énigme quand à sa réelle provenance...
* [50-3] : "les rochers" : En fait les "Trolls" qui se muaient en pierre au contact du Soleil.
* [50-4] : "vers le paradis de leurs espoirs" : un Heïti renvoyant à l'espoir des Hommes de détruire à jamais le royaume de Hel, en fait la Mort elle-même.

* [51-2] : "leur Pére-à-Tous" : Odin

* [52-1] : "le fils du Dieu défait" : Remplace le nom du fils d'Odin le vengeant, "Vidar".
* [52-2] : "Loup" : Remplace le nom du monstre "Fenrir".
* [52-3] : "le fils du Mal" : Ici remplace le "fils de Hvedrung", en fait Loki.

* [53-3] : "le plus fort de tous" : En fait Thor mais l'un de ses fils sera encore plus puissant que lui.

* [57-2] : "Foehn" : Remplace les "événements passés", en fait la Guerre symbolisé par ce Heïti désignant un vent chaud et rendant fou.
* [57-4] : "glyphes de l'Humanité" : Un autre Heïti symbolisant les temps antiques.

* [58-1] : "les Echiquiers d'or" : Remplace ici les "Tablettes d'or" perdues à l'origine du monde. Les Echecs remplacent ici les tablettes car il est intéressant de s'imaginer ces échiquiers comme symbolique des voies de l'Irminsul.

* [59-2] : "les Ases réincarnés " : Heïti remplaçant les "Dieux" mais qui dénote la croyance en la réincarnation du monde Nordique.
* [59-2-2] : "Ysetur" : La "Cité des Rois-Elfes"... symbolisant en fait la poussière d'étoiles à l'origine de la vie.

* [61-3] : "Eveillés" : Commes les Alfes mais ici plus spécifiquement les "Ases".

* [62-2] : "la Grande-Dame" : Strophe interprétée librement en remplaçant le "Il" par "Elle". En fait la nouvelle spiritualité serait plus basée sur une Déesse ou une puissance féminine comme le laisse penser une strophe des Eddas parlant de l'arrivée de "l'auréole des Elfes" aprés la fin des Dieux.. et elle serait la réincarnation de Freyja, présentée comme sa fille.

* [63] : La strophe originel est la 63 Bis symboliquement reformulée dans la strophe 63 où il est plus intéressant de laisser énigmatique ce qui arrivera aprés l'arrivée de "l'auréole des Elfes."...

 
 
 source : http://membres.lycos.fr/valdeshad/newpage3.html
 

 

publié par Striga publié dans : Nordique
Samedi 26 Janvier 2008

Je vous vais bien dit que l'article sur les Huns en amènerait un autre et bien le voici ... Attila, Le fléaux de Dieu, celui qui inspira tant de crainte et qui contribua à la légende des Huns. Celui de qui l'on dit que derrière les pas de son cheval, l'herbe ne repoussait pas !

Attila

Il [Attila] était plus homme de tête que de main, tâchait à diviser ses ennemis, ravageait les peuples indéfendus....

Corn

Fête d'Attila, par le peintre hongrois Mór Than.


"Le fléaux de Dieu" voilà le surnom que les chrétiens donnèrent au dernier roi des Huns " Attila " mais que savons nous vraiment de lui ? Etait-il se cruel que ça, cet homme que l'on dit avoir posséder l'épée du Dieu de la guerre qui lui donna tant de pouvoir  ?

Né en 405 et mort en 453, le grand roi est originaire d'une région allant de l'Europe de l'est aux Steppes de l'Asie centrale.Selon l'historiographie romaine il régna de 434 à 453 sur l'Empire hunnique (une grande partie de l'Europe centrale et de l'Asie centrale) dont il se fit désigner Europæ Orbator (empereur d'Europe).
Il est fils du roi d'une tribu Huns, Moundzouk, qui meurt à la guerre en 408. Orphelin, il est adopté et élevé avec son frère aîné Bleda par son oncle, le roi Huns Ruga.
En 434, Ruga partage l'Empire hunnique entre ses deux neveux, Attila et Bleda, avant de mourir. De 435 à 440, le règne de Bleda est marqué par le triomphe des Huns face à l'Empire romain d'Orient. Ce triomphe est avant tout diplomatique et la politique de Bleda à l'égard des Romains est pacifique. Un doublement du tribut versé par l'empire romain d'orient de Constantinople et la promesse impériale de ne plus s'allier aux barbares ennemis des Huns (aux peuples germaniques restés indépendants) laissent les mains libres à Bleda. Aussi les Huns étendent-ils leur empire jusqu'aux Alpes, au Rhin et à la Vistule.(La Vistule (en polonais : Wisła, en allemand: Weichsel) est le principal fleuve polonais.)
Pourtant, dès 440, profitant de l'occasion qu'offre l'invasion de l'Arménie romaine par les Perses sassanides, invasion qui détourne momentanément l'attention de Constantinople des Huns, Bleda attaque à nouveau l'empire romain d'Orient. À ce moment, Attila n'aide son frère qu'en dernier recours, ayant entamé de son côté des pourparlers avec l'Empire. Il ne le fait sans doute que pour éviter d'être lésé sur le partage du butin. Les Huns sont fascinés par l'or et Attila n'échappe pas à la régle, il refusa d'ailleurs plusieurs fois certains payements en réclamant de l'or à la place ! La politique séparée d'Attila lors de la guerre de 441-442 s'explique principalement par sa volonté de négocier avec les Romains la remise des princes héritiers huns qui s'étaient réfugiés dans l'empire à la mort de Ruga, dès 435. Ceux-ci auraient hérité du royaume en cas de décès de son frère.

Fin 444 ou début 445, aidé par ses vassaux germaniques, Attila fait assassiner son frère ainé Bleda et devient le seul roi des Huns. Deux Germains soumis aux Huns, le roi des Skire Edika et le roi des Gépides Ardaric, fournirent en effet les forces nécessaires pour l'assassinat de Bleda qui eut lieu dans l’ordu de ce dernier. Certains historiens disent pourtant qu'Attila et Bleda ne ressentaient aucunes animausités l'un envers l'autres et s'accordent pour dire que Bleda ne serait pas mort de la main d'Attila mais du à une chute de cheval. Il est reconnu que Bleda était un grand buveur et celui-ci aurait eu la brillante idée de partir à cheval en était ivre.
Son règne dure huit ans et est marqué, à sa mort, par un effondrement de la puissance des Huns, jusque-là patiemment bâtie sur les alliances militaires entre l'empire hunnique et l'empire romain d'Orient et sur la manne financière des tributs et rançons versés par Constantinople.

En réalité, il semble que dès le lendemain de l'assassinat, les alliés germaniques d'Attila aient influencé celui-ci en favorisant la propension qu'il avait de se croire destiné à régner sur l'univers tout entier. Ainsi, avec la collaboration d'une vache et de son gardien, ils trouvent pour Attila l'épée du dieu de la guerre, Mars, pointant hors de terre. Or, dans l'engrenage qui va mener les Huns à acquérir plus de puissance, Attila se trouve rapidement contraint à de nouvelles guerres pour récompenser et surtout garder ses fidèles Germains.

Aussi Attila se fait-il désigner Europæ Orbator (empereur d'Europe) et s'empare-t-il dès 445-446 de la province romaine de Pannonie-Savie (le reste de la Pannonie étant déjà tenu par les Huns). Pour maintenir la fiction de l'administration romaine, il est quand même nommé maître de la milice par l'empereur romain Valentinien III.
Mais, le 27 janvier 447, un tremblement de terre détruit une grande partie de la muraille théodosienne de Constantinople et provoque une famine importante. Cette faiblesse de l'empire romain d'Orient permet à l'empire romain d'Occident d'être momentanément épargné par les visées d'Attila.
Attila, profitant de l'événement, jette son armée sur l'empire romain d'Orient. Il s'y embourbe : en réalité, l'empire ne paye pas son tribut et les versements des sommes précédemment dues sont interrompues. Les négociations de paix durent plusieurs années, sans aucun bénéfice pour les Huns.

Or, au moment même où elles vont aboutir, les tributs versés par l'Orient se tarissent définitivement. L'empereur Théodose II meurt dans un accident de cheval et le « parti des bleus » (parti des sénateurs et des aristocrates) triomphe : il est farouchement opposé à l'idée de payer les barbares pour acheter la paix.

N'ayant pu envahir ni soumettre l'Orient, Attila se retrouve pris dans le jeu diplomatique d'Occident en 450.
L'épisode concerne Honoria, co-impératrice d'Occident qui veut épouser Attila pour s'allier à lui et que son frère cadet Valentinien III force à prendre le voile pour préserver l'unité impériale. En 449, un scandale éclate et Honoria est envoyée à Constantinople dans un couvent chrétien pour que sa « virginité » soit mieux gardée.

Celle-ci envoie alors sa bague à Attila pour lui demander de l'aide. Attila prend l'affaire au sérieux et accepte le bijou comme « dot », avant de demander la Gaule en tant qu'héritage impérial dû à sa « fiancée ».

Ses exigences se heurtent naturellement à un refus.

Bloqué en Orient, face au refus de Valentinien et à la disparition de Honoria, Attila se trouve contraint à l'automne 450 de déclarer la guerre à l'empire romain d'Occident, ce qui met un terme également au tribut versé par l'Occident.
À la tête d'une armée coalisée hunno-germanique, Attila se lance au printemps 451 dans une campagne contre la Gaule. Cette armée réunit les peuples Gépides (les plus nombreux), Wisigoths (dirigés par trois rois frères dont le père du futur Théodoric Ier (Théodoric le Grand)), Skires, Suèves, Alamans, Hérules, Thuringes, Francs, Burgondes, Alains, Sarmates, elle est majoritairement germanique et les Huns n'en composent qu'une infime partie. Les tactiques qui ont précédemment fait leur succès contre les « civilisés » ne sont donc plus à l'ordre du jour. Le 7 avril, Attila brûle Metz. (invasions barbares)

La Gaule lui résiste, d'abord à Paris sous l'impulsion de sainte Geneviève, puis à Orléans, à l'instigation de saint Aignan d'Orléans avec l'appui des légions romaines de Flavius Aetius.

À Orléans, où il compte franchir la Loire, Attila combat les Wisigoths de Théodoric Ier et les légions romaines de Flavius Aetius, en réalité composées de tous les peuples établis en Gaule à cette époque : Alains, Francs, Burgondes, Sarmates, Saxons, Lètes (colons barbares), Armoricains et même des Bretons venus d'Outre-Manche…

Les Huns sortent vainqueurs et c'est en Champagne que la bataille des champs catalauniques finale a lieu, sans doute moins d'une quinzaine de jours plus tard. Certains auteurs localisent cette bataille à 5 milles romains (7,5 km) de Troyes dans des champs près du village de Maurica ou Mauriacus (latin campus mauriacus). D'autres, plus anciens, la situent près de Châlons-en-Champagne, l'antique Catalaunum d'où dérive le substantif attribué aux « champs catalauniques », à l'emplacement de l'oppidum gaulois de La Cheppe, improprement appelé "le camp d'Attila". Bien que battu aux «Champs Catalauniques», Attila poursuit sa route et se dirige vers Rome. Aux portes de la ville, le pape Léon 1er le Grand le convainc de rebrousser chemin.Nous savons que les deux hommes auraient parlés seuls en tête à tête mais personne ne sait ce qu'il se sont dit. Attila rebroussera chemin et repartira vers le Danube.
De retour dans son ordu, le grand-roi meurt subitement, au printemps 453, peut-être empoisonné, sans doute d'une hémorragie à la suite d'un festin donné à sa cour lors de ses noces avec une nouvelle épouse pour son harem. Personne ne sait exactement la cause de sa mort mais il semble que Attila fut atteint d'une maladie.

Son corps fut enterré dans un endroit secret afin que nul ne puisse souiller sa dépouille et violer sa scépulture. Après le reigne d'Attila, les Huns disparurent de l'histoire aussi subitement qu'ils y étaient entré.

Fut-il vraiment le fléaux de Dieux ?

En réalité, ce fils du roi Moundzouk, souverain d'un des peuples les plus puissants de son temps, est devenu aux yeux des Européens occidentaux l'image emblématique du souverain-guerrier nomade, se confondant dans l'imaginaire populaire avec les traits que l'on prêtera plus tard à Gengis Khan : sanguinaire, aimant la guerre et les pillages par dessus tout, cruel et rusé.

Or, cette vision est en grande partie inexacte : non seulement les Huns d'Attila étaient un peuple turc qui accueillait de nombreux Germains en son sein, à tel point que ces derniers étaient largement majoritaires dans la coalition qui l'assistait lors de la bataille des champs catalauniques, mais aussi la cour d'Attila était sans doute l'une des plus raffinées de son temps, ayant repris nombre d'usages romains.

 

 

 

publié par Striga publié dans : commune
Mercredi 23 Janvier 2008

Le vaisseau où sejournera ceste malvoisie sera bien bousché, et tous jours plein: ce qu'on fera, en le auillant souvent avec de l'hydromel

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O. DE SERRES

 

Nos ancêtres avaient des spécialités bien à eux et je me suis dites qu'en parler pourrait amuser certains et donner envie d'en apprendre plus à d'autres. Après tout, cela fait aussi partie de la vie des hommes qui furent autrefois !

 
Boisson fermentée faite d'eau et de miel. L'hydromel est le breuvage des dieux, ainsi qu'un symbole de connaissance, de savoir et de sagesse.
Dans la mythologie scandinave, l'hydromel confère à celui qui en boit l'immortalité et la connaissance. Selon l'Antiquité grecque, l'hydromel est à l'origine de l'invention de la poésie. Breuvage réservé dans ce monde comme dans l'autre aux élus et aux initiés, l'hydromel est la boisson des dieux de l'Olympe. Il est aussi associé aux actes sacrés des Druides, source de courage pour les Celtes et d'immortalité pour les Francs, pour lesquels le paradis (le Walhalla) est le lieu où on se nourrit de sanglier et où l'on boit jusqu'à l'ivresse l'hydromel versé par des nymphes vierges, les Walkyries.

Dans le paradis d'Odin, les guerriers buvaient l'hydromel à discrétion ; ils avaient grand besoin de se rafraîchir et de s'exciter pour les batailles interminables qu'ils se livraient sans pouvoir jamais se tuer, car ils étaient devenus immortels. Dans le nord de l'Europe, l'hydromel a été remplacé par l'eau-de-vie de pomme de terre et de grains, qui enivre beaucoup mieux, de sorte que les Anciens procédés de fabrication de l'hydromel sont presque oubliés.

 

On donne quelquefois le nom d'hydromel simple à l'eau miellée ordinaire, faite avec 125 grammes de miel pour 1 litre d'eau tiède. Mais le véritable hydromel, connu dès la plus haute Antiquité et fort estimé des anciens peuples du Nord, est une boisson alcoolique fabriquée avec l'eau de miel fermentée.

Un savant très distingué, M. Gastine (si connu par l'invention de la charrue sulfureuse contre le phylloxera), s'est occupé de la fermentation de l'eau miellée. Dans une récente communication à l'Académie des sciences, il constate que le plus souvent le miel pur, en solution dans l'eau parfaitement pure, fermente très difficilement, même quand on ajoute un peu de levure de bière.

La levure n'est autre chose qu'un petit champignon qui croit et multiplie pendant la fermentation des matières sucrées. Ces matières se transforment en alcool, mais la transformation n'est complète qu'à la condition que la levure végète vigoureusement.

Or, tout végétal a besoin, pour bien vivre, de matières azotées (sels ammoniacaux, par exemple) ; et de matières minérales (phosphates, sels de potasse et de chaux). Supposons qu'on fasse brûler de la levure, elle laissera une cendre qui représentera précisément les matières minérales nécessaires à son existence. En ajoutant à l'eau miellée une quantité minime de sels ammoniacaux et de matières minérales choisies d'après l'analyse des cendres de la levure, la fermentation marche très régulièrement, à la condition de maintenir le mélange à la température d'environ 25° et d'y ajouter un peu de levure de bière pour ensemencer le liquide. C'est une nouvelle confirmation des excellents travaux de M. Pasteur et de ses élèves sur la fermentation alcoolique. Un apiculteur habile, M. Froissard, d'Annecy, a mis en pratique les indications données par M. Gastine et a obtenu de très bons résultats.

Comment se fait-il que les Anciens aient pu réussir la fabrication de l'hydromel ? C'était justement à cause du peu de soin, disons le mot, de la malpropreté apportée dans ce travail : les matières étrangères laissées dans les vases ou celles que contenaient les eaux plus ou moins troubles, étaient suffisantes pour représenter l'engrais nécessaire à la levure ; le poids total de cet engrais ne dépasse pas 5 grammes par litre d'eau contenant 250 grammes de miel.

Dimanche 20 Janvier 2008

C'est sur leur dos que les Huns vaquent à toute espèce de soin, assis quelquefois à la manière des femmes. A cheval jour et nuit, c'est de là qu'ils négocient les achats et les ventes. Ils ne mettent pied à terre ni pour manger ni pour boire; ils dorment inclinés sur le maigre cou de leur monture, où ils rêvent tout à leur aise

Amien Marcelun

 

 

Petit article qui en amenera un autre ;)

Qui étaient donc les Huns ?


Descendant des loups selons eux, ils étaient des cavaliers avant tout. Cavaliers dans l'âme, cavalier armés d'arc. Archer à cheval !
Si aujourd'hui la mécanique à tué le cheval, en ces temps reculés, le cheval faisait d'un homme, quelqu'un de très important, presque un sur-homme si je peux dire !
Les Huns profitèrent de cet avantage sans aucunes vergognes.
Huns en Europe, Hiong-nou en Chine mais tous deux rameaux d'une même nébuleuse de hordes établie, si on ose dire, en Sibérie, au nord de la Mongolie.
Du pacifique à l'Atlantique, de Chine jusqu'en Europe, les Huns semèrent la terreur !
Les Huns occidentaux sont décrits par les Romains et les Goths comme des hommes trapus, de petite taille, avec une tête large, le cou épais et de larges épaules, le torse bombé et un tronc épais sur des jambes courtes. Leurs traits sont décrits comme mongoloïdes et leur teint brun, avec une absence de barbe. Selon nos connaissances actuelles, 20 à 25 % des Huns retrouvés dans les tombes étaient de type mongoloïde, la majorité étant de type européen. Les Huns et les Alains diffusèrent l’usage de la déformation crânienne parmi les Germains orientaux, surtout chez les femmes. Ces derniers abandonneront cette pratique après la défaite des Huns. La langue hunnique, jamais écrite, nous est peu connue. Les noms des rois huns retranscrits approximativement par les Grecs et les Romains témoignent d’une langue turque (liée au proto-bulgare et au mongol).
Les Huns furent des éleveurs consommant principalement de la viande (en abondance, qu'ils mangent crue et qu’ils font aussi sécher) et des produits laitiers. La chasse avait également une grande importance dans leur économie, notamment la chasse des grands-rois pour l’alimentation de l’armée (cette chasse royale est une sorte de grande manœuvre préliminaire à la guerre).
Leur bétail fournissait également le cuir, la laine et les os. Le cuir servait à la fabrication des bottes, du harnachement, du carquois ; la laine à celle du feutre des tentes, des capes et peut-être des tapis.
Selon l'historien Jordanès, les Huns arrivèrent en Europe, en franchissant la Volga, vers 374 sous la conduite d'un chef appelé Balamir. Ils établirent leur domination sur un peuple nomade vivant au nord du Caucase, les Alains, ainsi que sur les Ostrogoths. L'arrivée des Huns déclencha les grandes invasions. Les Wisigoths entrèrent sur le territoire des Romains en 376, suivis par une partie des Alains.

Amien Marcelun, un officier romain dira des Huns:

Les Huns dépassent en barbarie tout ce que l'on peu imaginer. Ils labourent de cictrices les joues de leurs enfants pour empêcher de pousser la barbe. Ils vivent comme des animaux, ne font cuire, ni n'assaisonnent leur viande et vivent de racines. Eternellement nomades, ils sont rompus dès l'enfance au froid, à la faim et à la soif... C'est à cheval qu'ils passent leur vie.

Chronologie

73-91 : guerre des Huns en Chine.
316 : les Hsiung-nu envahissent le nord de la Chine : début de l'empire hunnique.
350 : les Huns envahissent la Perse et l’Inde.
352-354 : guerre des Huns contre les Alains.
357 : les Alains rallient l’armée des Huns en Asie occidentale.
371 : l’empire des Ostrogoths est aux mains des Huns ; entrée de l'empire hunnique en Europe.
375 : forte poussée des Huns qui détruisent le royaume ostrogoth en Russie du Sud.
376 : les Wisigoths qui occupent une partie de la Dacie depuis 150 ans, demandent aux Romains sous la pression des Huns, l’autorisation de traverser le bas Danube. La permission est accordée.
378 : invasion de la Thrace, avec de nombreux autres peuples (dont les Taifales)
400 : capture et exécution du général goth Gaïnas par le roi hun Uldin.
410 : naissance d’Attila, roi des Huns [réf. nécessaire].
422 : l’empereur Théodose II accepte de payer un tribut aux Huns en échange de la paix.
423 : 40 000 Huns sont incorporés comme mercenaires dans l’armée romaine.
423 : Rome cède aux Huns la province de Savie.
430 : les Huns hephtalites, établis en Asie centrale, attaquent la Perse.
430 : Byzance paie un tribut annuel de 113 kg d’or aux Huns.
434 : début du règne d’Attila, roi des Huns (fin en 453).
434 : Ruga partage l’empire des Huns entre ses deux neveux Attila et son frère Bleda avant de mourir.
434 : les Huns doublent le tribut de Rome (226 kg d’or).
434 : les armées de Théodose II sont défaites par les Huns en Thrace.
436 : les Burgondes sont battus à Worms par les Huns mercenaires de l’empire romain.
441 : Attila écarte son frère Bleda et devient le seul monarque des Huns.
443 : en août, première paix d'Anatole avec Constantinople.
447 : les Huns conduits par Attila traversent le Danube, envahissent la Thrace.
447 : les Huns forcent les Romains à payer un lourd tribut (le triple du précédent)
447 : les Huns obligent les Romains à se retirer d’une large bande de terre sur les bords du fleuve.
451 : Attila, roi des Huns, envahit la Gaule romaine, ou ce qu'il en reste (voir domaine gallo-romain).
le 7 avril 451, l'empire hunnique traite Metz.
451 : les Huns contournent Paris. La tradition chrétienne attribue ce miracle à sainte Geneviève.
septembre : l'armée d'Attila est battue aux champs Catalauniques (près de Troyes) par le général romain Aetius, aidé par les Francs et les Wisigoths.
452 : la ville de Venise est fondée par des réfugiés de Padoue et d’Aquilée qui fuient les Huns.
452 : les Huns envahissent l’Italie et mettent à sac plusieurs villes du Nord de l’Italie, dont Padoue et Vérone.
453 : mort du roi Attila, la plupart des tribus germaniques retirant alors leur allégence aux Huns.
455 : guerres de successsion, fin de l'Empire hunnique en Europe.
455 : Skandagupta défait l’invasion des Huns et devient empereur des Indes.
465 : les Huns conquièrent la plaine de Gandhara en Inde du Nord.
475 : les Huns battent les armées de l’Empire Gupta et mettent fin à cet empire.
477 : Sakala devient la capitale des Huns dans l’Inde du Nord.
484 : les Huns défont les Perses commandés par le roi Pérôz.
... ? : fin de la domination des Huns ?

565 : les Perses et les Turcs combattent ensemble contre les Huns Hephtalites et se partagent la Bactriane conquise en commun.
800 : l’étrier, déjà connu des Huns, apparaît en Occident.

publié par Striga publié dans : commune
Dimanche 13 Janvier 2008

 

 

 

 

Dans la mythologie celtique, le dieu Ogma est connu sous de nombreuses variantes orthographiques : Ogm, Ogme, Ogmios, Ogmius. Un h est parfois accolé au g montrant qu’il est quasiment inaudible en irlandais.
Jules César qui écrit Ogmios l'assimile à Mars et Lucien de Samosate (IIe siècle) le rapproche d’Héraclès. Il le décrit comme un vieillard à demi-chauve avec de longs cheveux blancs qui lui retombent dans le dos. Il a une peau de lion, une massue, un arc et un carquois. Enfin il retient par des chaînes d'or fixées aux oreilles, une multitude d’hommes. Selon Georges Dumézil, l’idéologie tripartite des Indo-européens le rend comparable au dieu védique Varuna.
Varuna est l'un des dieux les plus importants du panthéon de l'hindouisme. À l'époque pré-védique, il était probablement la divinité suprême, le gardien de l'ordre du monde, dieu de la pluie et des lois, maître du cosmos. Il était omniscient et omnipotent.
Dans la hiérarchie du panthéon irlandais Ogma se place en troisième position derrière Lug, le dieu polytechnicien suprême, et le Dagda, le dieu-druide, dont il est le frère et le complément. Il est au même rang que Nuada et fait donc partie des Tuatha Dé Danann (les Gens de la déesse Dana) et relève de la deuxième classe guerrière dont la fonction est de diriger les héros et les guerriers. Dans ce rôle martial, il est vêtu d’une peau de lion et il est armé d’un arc et d’un carquois ainsi que d’une massue. En tant que dieu de la magie, il a le pouvoir de paralyser ses ennemis.
Inventeur mythique de l’écriture, on lui attribue la création des Ogam qui constituent l’alphabet des druides. Par conséquent, l'éloquence et la poésie entrent également dans ses attributions. On le représente alors comme un vieillard dont la bouche, d’où